mardi 21 octobre 2014

Blessures : le PSG doit-il en vouloir à la Ligue ?




  Alors qu’un quart du championnat vient de s’écouler, le Paris Saint Germain n’a pas été épargné par les blessures. Thiago Silva, David Luiz, Marquinhos, Verratti, Matuidi, Lavezzi, Digne, Aurier et même Ibrahimovic sont passés par la case infirmerie. Sévèrement amoindri autant quantitativement que qualitativement, le début de saison du club n’est pas de tout repos pour le staff médical. Essayons de comprendre ce qui aurait pu être évité.

  Tout d’abord, il faut savoir que la Ligue 1 est le championnat ou la reprise à lieu le plus tôt. En l’occurrence au PSG, le 30 Juin. Pourquoi aussi tôt dans une année de Coupe du Monde ? Tout simplement parce que le Trophée des Champions a été programmé le 2 Aout, soit quinze jours après la finale de la Coupe du Monde. Sachant qu’il faut quatre à cinq semaines de préparations au haut niveau, il était donc impossible pour les mondialistes de se préparer correctement pour la saison. Par simple comparaison, le championnat anglais reprend le 10 Aout, le championnat espagnol le 19 Aout, le championnat allemand le 22 Aout et le championnat italien le 30 Aout. Pourquoi reprendre aussi tôt ? Pourquoi priver le PSG d’une préparation optimale ? Il me semble qu’auparavant, après une Coupe du Monde, en France, le calendrier était aménagé.

  Par comparaison, il suffit de regarder le début de saison en Angleterre, championnat qui avec une semaine d’écart se rapproche le plus en terme de préparation. Une seule équipe a commencé à plein régime son championnat, c’est Chelsea. Chose logique quand on analyse le parcours des mondialistes présents dans l’effectif. L’équipe est majoritairement composée d’espagnols et d’anglais, deux nations qui n’ont pas passé la phase de poule de la Coupe du Monde. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si c’est le duo Fabregas-Diego Costa qui a porté l’équipe. Ces deux joueurs ont comme la majorité de l’équipe pu se préparer pendant 5 semaines. Derrière Chelsea, City commence à monter en puissance. Des débuts difficiles aussi avec seulement deux victoires lors des sept premiers matchs. Ne parlons pas d’Arsenal et Manchester United complètement décimés notamment dans le secteur défensif, comme le PSG.  

  J’ai vraiment du mal à comprendre comment on peut organiser le Trophée des Champions déjà le 2 Aout mais aussi à comprendre comment on peut l’organiser en Asie (sans doute en accord avec la direction parisienne). La plus part des joueurs se sont plaints de l’atmosphère lourde, polluée et irrespirable pour une préparation d’avant saison. C’est d’ailleurs à ce moment la qu’Ibrahimovic a ressenti ses premiers pépins abdominaux.

  A partir du moment où la saison débute début Aout, le PSG doit compter quatre à cinq semaines sans la majorité de ses mondialistes (en tout cas ceux éliminés tard dans la compétition). Dans un club comme le Paris Saint Germain cela signifie qu’entre 10 et 14 joueurs de haut niveau sont disponibles pour le coach. Ce n’est pas pour rien que les trois meilleurs joueurs de ce début de saison sont Pastore, Marquinhos et Ibrahimovic. Le calendrier est ainsi fait qu’avec la Ligue des Champions, à partir du 13 Septembre, le PSG a effectué 7 matchs en l’espace de 22 jours. Une reprise beaucoup trop violente physiquement pour des organismes sevrés de vrais repos cet été. Et c’est à ce moment la que ce sont accumulées logiquement les nouvelles blessures. Le meilleur exemple est celui de Lavezzi. Lui qui n’a pas pu jouer au mois d’Aout afin de se préparer au mieux a vite chuté avec l’enchainement des matchs. Les joueurs de très haut niveau ont entre 60 et 70 matchs à jouer dans un exercice complet. Il est évident que le manque de joueur a empêché le turn-over habituel et certain joueurs se sont blessés parce qu’ils ont du trop jouer. C’est sans doute le cas d’Ibrahimovic quand on sait qu’une talalgie est la résultante d’une ancienne blessure dorsale ou abdominale. C’est le cas aussi de Marquinhos qui n’a pas pu souffler en ce mois de Septembre.

  Pourquoi ne pas reprendre « comme tout le monde » fin Aout le championnat ? Pourquoi les clubs anglais ne parviennent plus à être performant dans le money time des mois d’Avril-Juin ? Mais surtout pourquoi la LFP s’acharne à reprendre aussi tôt le Championnat ? Serait-ce pour ne pas avoir à supprimer la Coupe de la Ligue qui embête tout le monde sauf le vainqueur ?

  Il est clair en tout cas que tout le monde se félicite de pouvoir instaurer un peu de suspense dans le Championnat de France. Mais on peut aussi se poser des questions pour les points UEFA. En effet, en France, il y a quatre journées au mois d’Aout, lorsqu’ailleurs il y en a une voir deux. Depuis plusieurs saisons, les équipes qui doivent jouer les tours préliminaires ne sont pas mises dans les meilleures dispositions physiques avec 6 matchs en 3 semaines. N’y voyez pas de coïncidences si Lille ne peut pas lutter contre Porto, si Saint Etienne et Nice se font éliminer par des équipes de seconde zone, si Lyon a vu sont effectif décimé lors des quatre dernière saisons.

  Aujourd’hui, le PSG est pénalisé par ces décisions venant de la Ligue. Nous ne parlons pas d’arbitrage, nous ne parlons pas de hooliganisme, nous ne parlons pas de valeurs de respect de certains joueurs, nous ne parlons pas d’argent, nous parlons de décisions simples qui ne sont rien d’autre que du bon sens. 

dimanche 5 janvier 2014

2014 : Paris Sportifs.





  Après de bonnes fêtes de fin d'année, le Football a repris son activité et les parieurs aussi. Une seule règle compte : gagner ses paris. 

  Pour gagner sur le long terme, il ne faut pas jouer les cotes, ni faire des martingales mais plutôt de limiter les risques, quitte à miser plus. Il vaut mieux gagner un euro qu'en perdre dix. Ma recette est de prendre les trois ou quatre matchs les plus surs en Europe et d'y ajouter lorsqu'il y a une forte certitude une cote un peu plus importante. Mais attention, plusieurs règles basiques sont à respecter. 

  Tout d'abord, il faut partir du principe que toutes les "horreurs" sont quasiment évitables. Premier exemple, deux matchs d'affilée à domicile en championnat. En effet, il est assez rare que les équipes gagnent leurs deux matchs consécutifs à la maison. Cet exemple peut être utilisé dans le sens inverse. Si une équipe "forte" fait match nul lors du premier de ses deux matchs, il est possible de jouer le deuxième match plus surement. Pour les joueurs qui aiment "jouer" les cotes, il sera alors possible de trouver le match nul et donc la cote forte (voir exemple ci dessous). 



  Deuxième outils pour éviter une "horreur", les fins de série. Il faut toujours se méfier d'une équipe qui est sans victoire depuis longtemps à l'extérieur autant que d'une équipe qui vient d'aligner beaucoup de victoires à domicile. L'exemple récent le plus marquant et celui d'Evian-Lorient. Lorient avait commencé le championnat par 7 défaites consécutives à l'extérieur et affrontait une équipe d'Evian qui sortait de trois victoires en trois matchs. Une confrontation parfaite pour les parieurs. Ce système est aussi judicieux dans la période actuelle de la saison lorsqu'une équipe à la mi saison n'a toujours pas fait un match nul à domicile ou à l'extérieur. C'était le cas lors de la dernière journée de la phase aller pour Marseille et Lyon (voir exemple ci dessous). Au bout de 18 matchs, Marseille n'avait aucun nul à domicile et Lyon aucun nul à l'extérieur. 


  
  Il est important de préparer et de "bosser" ses paris, de s'assurer que les risques sont limités au maximum. Pour cela, je vous conseille fortement d'effectuer vos paris sur les périodes les plus longues possibles. Un week-end entier plutôt qu'un samedi ou qu'un dimanche. Lorsque des matchs "surs" ont lieu en milieu de semaine, il est judicieux de les ajouter à vos paris du week-end plutôt que de rajouter des matchs "risqués" qui vous feront la plus part du temps perdre votre mise. 

  Je vous donnerai d'autres "tips" au cours des semaines à venir. Le Football n'est surement pas une science exacte mais il existe plusieurs règles qui nous permettent de le décrypter. 

  Maintenant c'est à vous de jouer... 


lundi 12 août 2013

Toulouse, Nice et Bastia. Un avertissement pour la saison.




  Le classement final de la saison dernière devrait subir quelques changements. A l’image de cette première journée, pour des raisons similaires, trois équipes devraient perdre au minimum cinq places au classement et, par conséquent, décevoir au cours de cet exercice. Il s’agit de Nice (4e), Toulouse (10e) et Bastia (12e). Si Nice et Bastia faisaient office de bonnes surprises l’an dernier, Toulouse est toujours en régression.



. Toulouse : Casanova et le mercato.

  Arrivée en 2008, Alain Casanova n’a jamais réellement convaincu au TFC. Héritant d’un groupe étoffé et prometteur, il a su lors de sa première année jouer la continuité. Ensuite, ce fut bien plus compliqué aux vues de la qualité de son effectif. Quatorzième l’année suivante, lors d’une saison catastrophique, il a ensuite maintenu son équipe en première partie de tableau (8e, 8e puis 10e). Depuis la saison dernière, il se trouve confronté à un autre problème. En effet, en six mois, l’équipe première s’est vue amputée de ses trois meilleurs éléments (Sissoko, Capoue et Tabanou).

  La politique du club d’Olivier Sadran s’est retournée contre le club. Le prix demandé pour ses joueurs a toujours été bien au dessus du marché. Du coup, le club a été obligé de lâcher l’hiver dernier Sissoko contre une bouchée de pain. Cet été, ils ont du anticiper ce nouveau facteur et laisser partir Capoue et Tabanou à des prix moins reluisants que ceux demandés l’été dernier. L’ambition sans résultats n’est jamais récompensée. Si l’on ajoute Rabiot et Djalo, souvent titulaires lors de la deuxième partie de saison, on peut voir que l’effectif a donc été grandement amoindri. Coté arrivées, le TFC est à la traine. Le prometteur Roman s’est blessé pour 6 mois lors de la préparation et hormis Trejo (ancien grand espoir argentin), Spajic laisse pour le moment l’impression de n’être qu’un remplaçant. Avec 20M d’euros perçus et des gros salaires libérés, le TFC devra recruter de joueurs clés et surtout confirmés afin d’éviter une saison de galère. Nous sommes déjà mi-aout et un mercato ne doit pas se faire dans l’urgence. Attention aux erreurs de casting.



Nice : Civelli, un départ et des questions.

  Puel a brillamment réussi son retour aux affaires l’an dernier. Avec une équipe jeune, dynamique et technique mais aussi un bloc défensif très performant, l’OGCN a effectué l’an dernier une saison remarquable. Avec seulement deux renforts (Kolodziejczak et G.Puel) et une intégration des jeunes aboutie, Puel laisse à penser que la « Wenger Politic » peut fonctionner dans notre championnat. Mais à l’image de l’alsacien, Puel n’a pu conserver un des joueurs les plus performants lors de l’exercice précédent : Renato Civelli. Capitaine et leader incontestable mental de l’équipe, son influence risque de beaucoup manquer cette saison. Et coté arrivée, si l’on met de coté le jeune Mendy (ex Monaco), c’est pour l’instant le néant. Genevois peine à confirmer la confiance que semble lui donner Puel pour la saison et Pejcinovic est déjà blessé pour un mois.

  A cela il faut ajouter les points potentiels que risquent de perdre le club avec l’Europa League cette saison le club. Le club n’a pas encore de piste en vue, de quoi inquiéter les supporters. Certes l’équipe est composée de jeunes joueurs très prometteurs mais reproduire une saison aussi complète s’annonce impossible. Cette saison s’annonce très longue pour l’OGCN. Espérons que l’arrivée du nouveau stade masquera ces carences de recrutement.



. Bastia : retour à la case départ.

  Avec une animation offensive surprenante et attractive l’an dernier, le club est en passe de perdre tous ses meilleurs éléments. Thauvin (fin de contrat), Modeste (retour de prêt) et Rothen (fin de contrat) ont plié bagage et Khazri est en instance de départ. Plus mauvaise défense de Ligue 1 la saison passée, Bastia vient de perdre l’intégralité de son attaque, et ce, sans récupérer le moindre sou. Un recrutement de joueurs libres a été effectué mais nul doute que le résultat offensif ne pourra pas être aussi performant. Keseru et Gianni Bruno auront leur chance devant. Ensuite, l’équilibre défensif sera à la charge d’anciens expatriés (Squillaci, Romaric, Modesto et Diakité). Avec un mercato défensif, le visage de Bastia est complétement modifié et le club devrait se battre pour le maintient, jusqu’au bout. Une saison compliquée pour un club avait redonné vie au football corse l’an dernier.


  La saison vient de démarrer et des indices précis sur les effectifs sont apparus. Comme tous les ans, le recrutement est une des clés de la saison d’un club. Les sept premiers de la saison 2012-13 ne devraient pas changer à une exception près. Monaco remplacera numériquement Nice. En bas du classement, Guingamp fait office de favoris pour la descente et le gruppetto devrait être constitué de Nantes, Bastia, Sochaux, Reims et Evian TG.

  Bonne saison à tous.

mercredi 7 août 2013

Saint Etienne sur le podium ?




  Cette saison devrait être pour l’ASSE la saison de la confirmation. Après une victoire en Coupe de la Ligue et une cinquième place obtenue en roue libre, Saint Etienne est devenue une des équipes les plus attrayantes et agréables à voir évoluer. Un candidat sérieux pour le podium.

  En constante progression depuis 2009, le club a su, sans bruler les étapes, franchir les paliers nécessaires afin de retrouver les sommets. En prenant la succession de Perrin, Galtier (dont il était l’adjoint pendant 4 ans, notamment à Lyon en 2008 année du doublé Coupe-Championnat), en position de reléguable à la trêve, sauva l’équipe de la relégation lors de la dernière journée. L’année suivante, année charnière dans la reconstruction de l’effectif, Saint Etienne finit 10ème puis, en 2012, 7eme. En pleine ascension malgré la cinquantaine de matchs disputés l’an dernier et un jeu reluisant pratiqué, l’équipe a terminé à la 5ème place l’an dernier tout en remportant un trophée que les supporters attendaient depuis 32 ans. C’est tout d’abord pour cette première raison que je pense Saint Etienne capable de se qualifier pour la C1.

  Face à des concurrents comme l’OM, l’OL et Monaco, Saint Etienne a sa carte à jouer, et ce, grâce au jeu. Le bloc défensif a dans un premier temps été établi. S’appuyant sur un Ruffier de niveau international, la ligne de 4, à laquelle il faut ajouter la sentinelle de leur 4-3-3, a pendant longtemps été leur principale force. Il a fallu attendre l’émergence d’Aubameyang pour qu’un premier style de jeu se dégage: les attaques rapides. Synonyme de contre attaques éclaires, ce jeu s’est renforcé l’hiver dernier avec l’arrivée de Mollo qui a su dynamiter le jeu offensif de couloir des verts. En fin de saison, ce style devenu stéréotypé de longs ballons vers Aubameyang a su évoluer grâce à un Brandao retrouvé. Leurs adversaires se livrant moins, il ont dû effectuer un réel changement plus travailler au milieu pour ainsi développer un système de possession du ballon plus approfondi. C’est d’ailleurs Brandao qui a permis au bloc d’évoluer plus haut par ses décrochages et ainsi agrandir leur palette de jeu. Ces évolutions permettent de souligner le projet mis en place par Galtier. On dit souvent que les entraineurs établissent leurs tactiques en fonctions des joueurs présents dans leur effectif mais la stabilité du projet stéphanois permet ainsi un développement technique collectif plus important.

  Cette technicité stéphanoise évolutive, est visible au niveau du recrutement. Galtier donne des axes précis de type de joueurs comme la plupart des entraineurs mais Saint Etienne ne fait plus d’erreurs. Après un mercato estival 2012 prometteur (Brandao, Clerc, Cohade, Hamouma puis Mollo et Bodmer), le club est entrain de passer la vitesse supérieure cette année avec des joueurs confirmés de Ligue 1. Si Tabanou est un renfort de poids coté gauche, Corgnet et Baysse sont des joueurs potentiellement très intéressants. Hamouma aura la lourde tache de succéder aux statistiques d’Aubameyang à droite (19 buts et 8 passes décisives), et l’anticipation tactique de Galtier lui rendra service. En effet, depuis l’hiver dernier, Aubameyang replacé coté droit a été moins performant et son départ a été bien préparé. Saint Etienne possède une « colonne vertébrale » parmi les meilleurs de notre championnat (Ruffier, Perrin, Clement, Brandao). Aussi, l’émergence des jeunes (Guilavogui, Zouma) annonce de très beaux jours du coté de Geoffroy Guichard.

  Un autre point fort du club est à mettre en avant : l’atmosphère positive. Galtier est très proche de ses joueurs. Il aime ses joueurs comme il l’a souvent déclaré publiquement et ses joueurs l’aiment en retour. Le club est dans une spirale positive. Les supporters ont pu fêter enfin un titre l’an dernier. Même si ce n’est que symbolique avec la Coupe de la Ligue, le club renoue avec son époque dorée et les supporters avancent main dans la main avec l’équipe. Un public modèle (« le Dortmund français ») pour qui les joueurs sont fiers de se sublimer. Si, à l’image de Marseille et du Paris Saint Germain, les verts ont rapporté beaucoup de points dans le « money time », ce n’est surement pas étranger à cela. Pour les supporters, la saison prochaine pourrait être enfin celle de leur revanche sur l’Olympique Lyonnais, éternel rival. En effet, eux qui étaient devenus victimes récurrentes de leurs voisins sont entrain d’inverser la tendance. En tout cas, ils n’en ont jamais été aussi proches.

  La saison 2013-14 est sur le point de commencer. Derrière le PSG, Monaco n’est pas encore indiscutable. Il reste donc deux places. Marseille a souvent été à la limite, tout comme l’OL. Saint Etienne saura, cette saison, en profiter. A suivre…

jeudi 11 juillet 2013

Xavi, la fin d'un règne.


  La saison 2012-2013 laisse derrière elle de nombreux enseignements. Dans le gotha du football mondial, le Barca, qui survol l’élite depuis 6 ans, a montré cette saison un déclin annoncé. Pour la première fois, les blaugranas ont été surclassés. Habitués à dominer techniquement et tactiquement leurs adversaires, c’est surtout physiquement que l’écart s’est imposé aux yeux du monde. Même son de cloche en équipe nationale où nous avons récemment assisté à la fin d’une domination, à la fin d’un règne. La aussi, ce sont exactement les mêmes marqueurs qui sont apparus.

  Ces deux équipes ont toujours eu la main mise grâce à leur milieu de terrain historique. Si Busquets est le garant de l’impact physique à la récupération, Xavi et Inesta, les deux milieux « architectes », étaient les acteurs principaux de la conservation du ballon et du travail de sape de l’adversaire. Telle une équipe de handball, leur justesse technique et leurs mouvements entre les lignes ont su déséquilibrer de nombreux blocs défensifs. Pour se faire, il faut une condition physique exceptionnelle. L’activité sans ballon est primordiale et c'est la multiplicité des efforts qui créent des espaces et des décalages. C’est sur ce point précis que Xavi est entrain de poser problème. Cette saison est un indice certain de son déclin inéluctable. Lui qui a accumulé un nombre de matchs rarement égalé au cours des ces dernières années commence à tirer la langue. Les petits pépins physiques apparaissent et la répétition des efforts se fait de plus en plus difficilement. A 33 ans, il est clair que ses plus beaux jours sont derrière lui. Si Inesta (29 ans) est toujours aussi impressionnant, nous avons vu que cela ne suffit plus contre une équipe comme le Bayern ou le Brésil.

  Le système de jeu en 4-3-3, « breveté » Barcelone, est utilisé par toutes les équipes espagnoles en formation. Aurait-il fallu mieux organiser la succession de Xavi ? Un joueur aussi brillant et prometteur que Thiago Alcantara aurait-il mérité plus de temps de jeu l’an dernier ? Barcelone est entrain de faire la même erreur qu’avec Fabregas. Lorsqu’il est revenu à Barcelone, son club formateur, le club a payé le prix fort tandis que Thiago avait été appelé en A (en ayant moins d’une dizaine de matchs à son actif en équipe première). Une chose est sure, si son départ annoncé du coté de Munich advenait, ce serait un gros échec pour Barcelone. Isco est au Real, Mata a prolongé à Chelsea, Il reste toujours Silva… C’est d’ailleurs à Fabregas que devrait revenir la charge. Lui, qui a souvent migré entre l’attaque et le milieu, pourrait se stabiliser en vrai relayeur. C’est la tendance. Barcelone s’étant plus concentré sur le trio offensif dans son recrutement. Avec Neymar-Messi-Pedro devant, le milieu Busquets-Fabregas-Inesta, il ne manquera plus qu’un défenseur central pour remettre Pique sur de bons rails. Un complément à l’impact physique supérieur, plus rapide aussi que Pique. Ce n’est pas pour rien que David Luiz est ciblé. Sans parler de sa coupe de cheveux, il se rapproche le plus des qualités de Puyol. Il devra tout de même gommer ses sautes de concentration. Une chose est certaine, le Barca procède toujours de la même manière. Lorsque le club est en difficulté sportivement, ils dépensent beaucoup d’argent. Ils le font une fois et ensuite font du bricolage pendant 4 ans. C’est comme ca qu’ils construisent leurs cycles.

  Il y a moins d’inquiétudes pour la Roja avec les noms cités préalablement mais on sait qu’un joueur de sa classe ne se remplace pas numériquement. Il faudra que les Mata, Silva, Isco et Thiago Alcantara élèvent sensiblement le niveau. Xavi a fini trois fois sur le podium du ballon d’or mais il n’est pas éternel. Celui qui a illuminé une époque, celui qui a été un acteur clé dans une énième révolution tactique et technique du football est proche de la sortie. Il faut sans cesse se préparer à laisser partir les joueurs que nous adorons. Demain Xavi, Lampard et Buffon s’effacerons, d’autres arriveront. C’est aussi pour ca que nous aimons tant le football.